Pourquoi ?

Ma petite philosophie…

Le Docteur Patrick Bouet, président du conseil national de l’ordre des médecins français a écrit dans un message a l’ensemble des médecins reçu le vendredi 10 avril 2020 :

«Je tiens à vous réaffirmer aujourd’hui avec force qu’aucune contrainte politique, administrative, organisationnelle, ne peut imposer à un médecin des critères de prise en charge prédéterminés par d’autres acteurs. Nous nous opposerons avec fermeté à toute volonté de contrevenir à ce principe fondamental qu’est l’indépendance du médecin dans sa prise de décision. »

Je suis quelque peu surpris par cette affirmation péremptoire du président du conseil de l’ordre qui lui-même est soumis aux exigences de la loi.

Le code de déontologie médicale est un texte législatif issue de l’Article L. 4127-1 du code de la santé publique : « Un code de déontologie, propre à chacune des professions […], préparé par le conseil national de l’ordre intéressé, est édicté sous la forme d’un décret en Conseil d’État. ». ..

Les médecins n’échappent pas à la loi. Dans un pays démocratique comme le nôtre actuellement, « un médecin » pris isolément ne peut être exempté de l’obligation de respecter ces contraintes et se réfugier derrière sa propre conviction comme ultime prise de décision vis-à-vis d’un patient me semble t-il.

Certes,  l’épisode d’épidémie que nous subissons aujourd’hui pose indéniablement des problèmes éthiques. Ceux-ci peuvent être débattu en collégialité associant les médecins aux autres professions de santé, aux experts de santé, aux élus de de la république, aux représentants sociaux, juridiques et aux associations des patients concernés reconnues de façon prévus par la loi. En dernier ressort c’est bien aux responsables politiques démocratiquement élus qu’il appartient de trancher

Ces obligations ne sont pas propres à la période qui nous intéresse . L’euthanasie, L’aide au suicide assisté ne sont à l’heure actuelle pas autorisées en France.

Enfin, Le code de santé publique précise que toute personne a le droit d’être informée sur son état de santé le et de donner un consentement libre et éclairé du patient. Pour l’aider dans sa prise de décision, le patient peut en outre désigner une personne de confiance.

Le serment d’Hippocrate, comme les Évangiles, le Coran, l’Ancien Testament n’ont aucune valeur juridique et leurs prescriptions ne sauraient aller à l’encontre de la loi.

Intéressé par votre éventuelle réponse, je vous prie d’accepter mes très sincères salutations.

Ce texte est la conclusion de mon mémoire de Diplôme Universitaire de soins palliatifs
Présenté à la faculté de médecine de Grenoble en 1993
j’exerçais alors depuis 15 ans comme médecin généraliste dans le canton semi-rural de Tullins,10.000 habitants, en Isère
Je ne suis pas sûr que, dans les faits, il y ait énormément de chose à y changer en 2019 malgré quelques affaires médiatiques récentes…
Docteur Bernard Rougier
Mourir chez soi ou à l’hôpital ?

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