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Article d’Emmanuelle Ducros  13 Octobre 2020. Illustrations Gazetin

Le prix Nobel d’Emmanuelle Charpentier
met en lumière les tabous français en génétique végétale

Pure produit de l’excellence française, la chercheuse est partie briller ailleurs

La chercheuse française Emmanuelle Charpentier a été récompensée, le 7 octobre dernier, du prix Nobel de chimie pour ses travaux sur les ciseaux moléculaires Crispr, un outil de génie génétique. Sa particularité : elle ne travaille plus en France mais en Allemagne et en Suède. Dans l’hexagone, l’attribution de ce Prix Nobel laisse un goût amer, notamment aux chercheurs en génétique végétale. Les expérimentations des applications de Crispr y sont devenues impossibles dès qu’elles deviennent concrètes.

« Terrorisme intellectuel. » Les mots sont forts. Ils sont d’Agnès Ricroch, enseignante-chercheuse à AgroParisTech et à Paris Saclay. C’est ainsi qu’elle décrit le climat dans lequel se déroule la recherche française en génétique végétale. Et cela inclut les applications de Crispr, la technique d’édition du génome mise au point par Emmanuelle Charpentier et sa coéquipière américaine Jennifer Doudna, récemment récompensées du prix Nobel de chimie. Schématiquement, il s’agit de « réarranger » les gènes – d’une plante ou autre – pour que l’organisme puisse exprimer des caractéristiques intéressantes. En termes de végétaux, cela peut être des résistances aux maladies, à la sécheresse. C’est rapide, efficace… et prometteur face aux défis climatiques. Mais… on touche au génome. L’ombre des OGM plane.

« Depuis près de vingt ans, la nébuleuse de l’écologie politique entretient une opposition entre l’écologie et la génétique des plantes, s’insurge Agnès Ricroch. Elle a imposé l’idée d’une manipulation du vivant opposée à une naturalité fantasmée, menée par un empire de multinationales. Il en découle une censure de fait de la recherche. Moi, je ne me préoccupe pas de Limagrain ou Monsanto. Je veux que mes étudiants soient libres de leurs recherches, de leur créativité, de leur intelligence, de leur originalité. Qu’ils puissent exprimer leurs idéaux de faire un monde meilleur sans que des tabous et des dogmes leur interdisent des champs d’expérimentation. Pour moi, les autorités de gouvernance des labos ont cédé, pour ne pas avoir d’ennuis. Il y a pire que la censure, il y a l’autocensure. »

Politiquement incorrect. Agnès Ricroch ne retrouve cette liberté qu’à PennState University, où elle est professeur associée. En France, la recherche est confrontée à des appels d’offres de régions pour les financements de la recherche d’où le champ de la génétique des plantes est écarté d’office et à des pressions pour empêcher les publications scientifiques.

Catherine Regnault Roger, professeur émérite de l’Université de Pau-Pays de l’Adour qui a notamment travaillé sur les liens entre les maïs OGM et les mycotoxines, évoque les intrusions (appelées « actions citoyennes » par leurs auteurs) dans les laboratoires pour stigmatiser les chercheurs. « Des visites d’intimidations. Le but est que les dirigeants des labos renoncent aux prochains programmes. Les difficultés se combinent. D’abord, les chercheurs qui s’intéressaient à la génétique ont été considérés comme des marginaux. Et puis, il est devenu extrêmement difficile, au cours du temps, d’obtenir des crédits. Après 2007, c’est devenu vraiment compliqué : mes équipes n’ont plus jamais réussi à avoir de l’argent public. Dans les laboratoires, on a commencé à avoir peur des intrusions, des destructions de recherches, comme à Colmar, en 2010. Et tous les champs de recherche détruits. »

Cinq essais de variétés de plantes génétiquement modifiées avec Crispr-Cas9 en Europe ont été menés en 2018, 2019 et 2020. Deux essais sur des variétés de maïs en situation de sécheresse, de chaleur ou de pollution de l’environnement, en 2018 et 2019, à Gand en Belgique. Un autre essai sur des choux au John Innes Institute en Grande-Bretagne. Des essais sur du tabac en Espagne. En France : rien. A l’heure où il faut d’urgence trouver des variétés de betteraves résistantes à la jaunisse, on mesure bien de quoi l’on se prive.

« Avec des technologies comme Crispr, on a une chance de voir des start-up, des PME, des groupes familiaux pouvoir avoir accès aux technologies de sélection variétale »

Dans un communiqué de presse publié le 9 décembre 2019, le semencier Vilmorin (groupe Limagrain), annonce la signature d’un accord en matière de technique d’édition de génome, avec la société Corteva Agriscience et le Broad Institute du MIT et de Harvard, centre de recherche biomédicale et génomique situé à Cambridge, aux États-Unis.

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Peut-on se passer de religion? Dieu existe-t-il? Les athées sont-ils condamnés à vivre sans spiritualité ? Autant de questions décisives en plein « choc des civilisations » et « retour du religieux ». André Comte-Sponville y répond avec la clarté et l’allégresse d’un grand philosophe mais aussi d’un « honnête homme », loin des ressentiments et des haines cristallisés par certains. Pour lui, la spiritualité est trop fondamentale pour qu’on l’abandonne aux intégristes de tous bords. De même que la laïcité est trop précieuse pour être confisquée par les antireligieux les plus frénétiques. Aussi est-il urgent de retrouver une spiritualité sans Dieu, sans dogmes, sans Église, qui nous prémunisse autant du fanatisme que du nihilisme. André Comte-Sponville pense que le XXIe siècle sera spirituel et laïque ou ne sera pas. Il nous explique comment. Passionnant.