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Dimanche 22 MARS 2020

état d’urgence !

Médecin généraliste à la retraite depuis une dizaine d’années je ne prétends pas, contrairement à de nombreux confrères qui pérorent à la télévision, avoir un avis personnel sur l’épidémie de co-vid-19.

j’avais même décidé d’un autre sujet éditorial mais tout en ignorant ,en écrivant ces lignes, si j’ai été contaminé ou non par le virus, je n’ai pas échappé à la pression de la propagande médiatique.

Ne nous leurrons pas : en sus du coût en vies humaines, le coup de frein économique va couter cher : chômage, faillites, criminalité, augmentation des impôts, baisse des revenus. Enfin on ne pourra pas trouver de repreneurs pour les gilets jaunes, neufs ou d’occasion.

Je reprendrai  la phrase ironique d‘Emmanuel Macron :

«je félicite ceux qui avaient prévu les éléments de la crise une fois qu’elle a eu lieu ».

Il est en effet beaucoup plus difficile de donner des réponses plus ou moins judicieuses à des questions plus ou moins idiotes et inversement :

La grippe asiatique, dont on parle très peu, a fait 100 000 morts en France, sur une année ou sur deux hivers, 57 et 58. Les archives du Monde, notamment, montrent que le gouvernement estimait dans les premières semaines de l’épidémie, et alors qu’elle n’avait pas encore touché la France, qu’elle «ne justifiait pas d’inquiétude particulière» (17 juin 1957). Une citation qui n’est pas sans rappeler celle d’Agnès Buzyn, qui déclarait le 20 janvier que «les risques de propagation du coronavirus sont très faibles» (tout en précisant que la situation pouvait évoluer).

En France, Les structures du réseau OSCOUR ont rapporté 15 503 passages urgences pour grippe durant la saison hivernale 2013-2014, dont 1 202 hospitalisations. 661 cas graves ont été admis en réanimation.

Pour la saison 2018-2019, en fin d’épidémie les autorités sanitaires dénombraient au total 8100 décès par syndrome grippal.

A une question d’une députée socialiste au parlement, fin mars, le ministre de la santé a confirmé que la décision de déstocker les masques en France avait été prise en 2013. (Sous la présidence Hollande et Le gouvernement socialiste de Jean-Marc Ayrault.)

Selon l’institut Pasteur, en France la grippe saisonnière en 2009-2010 causée par un virus de la grippe A (H1N1),  a touché  2 à 8 millions de personnes et est responsable de 10 000 à 15 000 décès.

Devant la menace de la grippe H1N1, la ministre de la Santé d’alors, Roselyne Bachelot, avait commandé de très nombreux masques ainsi que 95 millions de vaccins antigrippaux. Prévoyance qui lui avait surtout valu des railleries quand il s’était avéré que la maladie avait finalement épargné l’Hexagone. La France disposait alors d’un milliard de masques chirurgicaux et environ 600 millions de masques FFP2. Quand le coronavirus a commencé à monter en puissance sur notre territoire, l’Hexagone n’avait plus, en tout et pour tout, que 140 millions d’exemplaire des premiers. Une situation due à des choix économiques, à une stratégie de court terme et à une confiance aveugle en la production chinoise. 

Marisol Touraine ministre de la santé sous tous les gouvernements socialistes de mai 2012 à mars 2017 et donc  LA responsable de cette histoire de diminution  des stocks…

Une question digne d’un député socialiste vient de me traverser l’esprit :

Sur le plan strictement médical, le confinement devrait plus facilement être respecté dans des zones rurales. Mais cela ne met personne à l’abris à des contaminations qui nécessitent des précautions au cours des déplacements de la vie quotidienne et du travail qui demeurent indispensables à l’économie collective !

Mais Pourquoi n’a-t-on pas complètement confiné totalement la ville de Mulhouse dont est parti un des foyers les plus importants de contagion dans notre pays grâce à une réunion massive de l’église évangéliste : celle qui nie la théorie de l’évolution de Darwin au profit de la doctrine religieuse du créationnisme (on a les idoles que l’on peut).Toutes les études montrent que le jour où la Chine a confiné les citoyens de la région de la ville de Wuhan, l’épidémie s’est écrêtée pour décliner. Le Pr Philippe Juvin professeur de statistiques épidémiologiques a affirmé que face au coronavirus, « la désorganisation est un des grands drames qui nous guette. » Et d’ajouter que « nous sommes face à une crise qui n’est pas seulement sanitaire. C’est une crise de société. Il y aura un avant et un après Covid-19 ».

* * *

 Le bilan ne cesse de s’alourdir aux quatre coins du monde. Pour tenter d’endiguer le virus, une véritable solidarité internationale s’est mise en place. Par exemple, l’Allemagne et la Suisse ont proposé à la France de prendre en charge certains patients des hôpitaux alsaciens pour les désengorger. De son côté, la Russie va envoyer des spécialistes et des équipements pour aider les autorités italiennes. 

Si la Chine n’a signalé aucun nouveau cas local de Covid-19 depuis trois jours, l’Europe est devenue l’épicentre de l’épidémie qui a provoqué le confinement de près d’un milliard de personnes dans le monde. Samedi 21 mars, l’Italie a enregistré un nouveau record. Le dernier bilan fait état de 793 personnes décédées en 24 h soit 4 825 morts depuis l’apparition de l’épidémie de l’autre côté des Alpes. Les autorités italiennes ont par ailleurs annoncé 6557 nouveaux cas positifs, un autre record. La région de Milan, la Lombardie (nord) est la plus touchée du pays avec 546 nouveaux décès et la moitié des nouveaux cas enregistrés. La situation en Espagne s’aggrave aussi avec 1 326 nouveaux morts en 24 heures soit 32% de morts en plus par rapport à la veille. 

Statistiques du coronavirus

Statistiques du coronavirus au 19/03/2020 au soir

Pays

Nombre de cas

Nouveaux cas

Nombre de morts

Chine

81,008

+41

3,255

Italie

53,578

+6,557

4,825

Espagne

25,374

+3,803

1,378

USA

22,738

+3,355

288

Allemagne

22,084

+2,236

83

Iran

20,610

+966

1,556

France

14,459

+1,847

562

Corée-du-Sud

8,799

+147

102

Suisse

6,489

+874

74

Royaume-Uni

5,018

+1,035

233

Pays-Bas

3,631

+637

136

Autriche

2,847

+198

8

Belgique

2,815

+558

67

Norvège

2,128

+169

7

Suède

1,764

+125

20

Danemark

1,326

+71

13

Portugal

1,280

+260

12

Coronavirus en France

Le bilan du coronavirus Covid-19, établi ce samedi 21 mars par l’agence nationale de santé publique, Santé Publique France, continue de s’alourdir avec 14459 cas confirmés et 562 décès, soit 112 morts supplémentaires en seulement 24h. La Direction générale de la Santé indique que 1525 malades sont dans un état grave, en réanimation et que 6072 personnes sont hospitalisées. Afin de limiter la propagation du virus, le pays est en situation de confinement depuis le mardi 17 mars à midi. Les Français ont donc pour obligation de limiter leurs déplacements au stricte nécessaire et d’avoir sur eux une attestation de déplacement lorsqu’ils sortent, sous peine de sanctions. Les principales zones touchées sont la Corse, le Grand-Est, la Bourgogne-Franche-Comté, l’Ile-de-France, les Hauts-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes.

Le gouvernement a présenté mercredi 22 mars 2020 en Conseil des ministres un projet de loi d’urgence prévoyant des mesures exceptionnelles pour lutter contre la pandémie de coronavirus. Et notamment un état d’urgence sanitaire. L’Assemblée nationale a donné son feu vert, dans la nuit de samedi à dimanche.

L’état d’urgence sanitaire, c’est quoi ?

L’article 5 du projet de loi précise que « l’état d’urgence sanitaire peut être déclaré sur tout ou partie du territoire métropolitain, des départements d’outre-mer, des collectivités d’outre-mer en cas de catastrophe sanitaire, notamment d’épidémie mettant en jeu par sa nature et sa gravité, la santé de la population ». « L’état d’urgence sanitaire est déclaré par décret en Conseil des ministres », indique l’article 6. Le décret « détermine la ou les circonscriptions territoriales à l’intérieur desquelles il entre en vigueur. Dans la limite de ces circonscriptions, les zones où l’état d’urgence sanitaire reçoit application sont fixées par décret pris sur le rapport du même ministre. »

Ces dispositions reprennent en substance celles déjà permises par le code de la santé publique. En cas de menace sanitaire grave appelant des mesures d’urgence, notamment en cas de menace d’épidémie, le ministre chargé de la santé peut, par arrêté motivé, prescrire dans l’intérêt de la santé publique toute mesure proportionnée aux risques courus et appropriée aux circonstances de temps et de lieu afin de prévenir et de limiter les conséquences des menaces possibles sur la santé de la population ».

Quelles restrictions, quelles sanctions ?

Selon l’article 10, « la déclaration de l’état d’urgence sanitaire donne pouvoir au Premier ministre de prendre par décret (…) les mesures générales limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre et la liberté de réunion et permettant de procéder aux réquisitions de tout bien et services nécessaires afin de lutter contre la catastrophe sanitaire ». L’article 11 indique quant à lui les pouvoirs étant donnés au ministre de la Santé, à savoir de « prescrire par arrêté motivé toutes les autres mesures générales et les mesures individuelles visant à lutter contre la catastrophe ». 

L’article 15 du projet de loi précise que « la violation des interdictions ou le manquement aux obligations » seront punis « de l’amende prévue pour les contraventions de la quatrième classe » (135 euros). « Le fait de ne pas respecter les réquisitions mentionnées à l’article 10 (restrictions de liberté, ndlr) est puni de six mois d’emprisonnement et de 10 000 euros d’amende. »

Quels garde-fous ?

L’article 9 indique que « l’Assemblée nationale et le Sénat sont informés sans délai des mesures prises par le Gouvernement pendant l’état d’urgence sanitaire. L’Assemblée nationale et le Sénat peuvent requérir toute information complémentaire dans le cadre du contrôle et de l’évaluation de ces mesures. »

Un comité scientifique pourra également demander des comptes au gouvernement. Ainsi, selon l’article 13, « en cas de déclaration de l’état d’urgence sanitaire, il est immédiatement réuni un comité de scientifiques. Son Président est nommé par décret du Président de la République. Il comprend deux personnalités qualifiées respectivement nommées par le Président de l’Assemblée nationale et le Président du Sénat et des personnalités qualifiées nommées par décret. Ce comité rend public périodiquement son avis sur les mesures prises en application des articles 9 à 10. »

 

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Tests Diagnostiques et Sérologie

Les tests diagnostiques pratiqués actuellement pour détecter la présence d’un virus dans l’organisme, consistent à rechercher dans l’organisme des molécules appartenant au virus (ARN). Ils sont indiqués pour des études épidémiologiques (sur un nombre déterminé de personnes choisies comme dans un sondage d’opinion), pour établir la cause de symptômes inquiétants présentés par un malade ou bien pour confiner du personnel soignant devenu contagieux. Ces tests ne présentent aucun intérêt au niveau individuel sur des personnes en bonne santé apparente ou légèrement malade.

Dans ce cas :

–   soit le test est positif et ne permet pas de prévoir si le patient va guérir spontanément ou développer des complications graves. On pourrait évidemment envisager de dépister l’ensemble de la population afin de dépister les porteurs sains pour les cloîtrer complètement afin d’éviter les contaminations de voisinage comment on met au trou un prisonnier potentiellement dangereux.

–   soit le test est négatif au jour J et c’est faussement rassurant car le sujet peut être contaminé dans un court délai après le prélèvement (par une infirmière contagieuse par exemple) et tomber malade avec un test qui sera positif s’il est répété 24 heures plus tard.

La sérologie est une technique complètement différente, consistant à chercher à savoir si le système immunitaire d’un individu a réagi vis-à-vis du virus avec lequel il a été en contact pour être capable de le détruire en fabriquant des anticorps. C’est une réaction comme la cuti pour la tuberculose. Mais ce n’est pas toujours une garantie de guérison car la maladie peut continuer à évoluer par exemple la primo-infection évoluant vers une tuberculose secondaire, la syphilis non traitée, le VIH et des hépatites virales qui peuvent aussi rester contagieuses avec une sérologie positive.

Mais si un bon nombre de microbes restent résistants aux anticorps fabriqués par le sang, beaucoup de maladies infectieuses guérissent grâce à cette réaction immunitaire spontanée ou induite par la vaccination : c’est le cas de la diphtérie, du tétanos, de la polio, d’un bon nombre de type de grippes et de Cornaro-virus. On recherche alors ces anticorps dans le sérum de la personne concernée pour savoir si elle est protégée dans l’avenir et ne risque plus d’être contagieuse vis-à-vis de son voisinage, ce qui permet de lever son isolement ou le confinement. Toutefois ces micro-organismes peuvent muter dans la bonne mère nature et la biodiversité leurs permet de recréer des nouvelles souches contagieuses, d’où l’intérêt du suivi épidémiologique et de l’adaptation régulière des vaccinations (exemple de la grippe H1N1)

Les sérologies sont donc collectivement des moyens plus intéressants de combattre une épidémie. Elles permettent les mises au point de vaccins efficaces n’en déplaisent à nos congénères pusillanimes antivaccins qui deviennent eux-mêmes des dangers pour la collectivité et devraient être considérés comme coupable de coups et blessures (in)volontaires.

Des informations récentes permettent d’espérer une mise au point rapide d’une sérologie du COVID-19 qui permettra de mieux cerner les conduites à tenir face à cette épidémie.