Morette Entretien Catherine Fonnée-Laurent

Date janvier 2020

 Catherine Fonné-Laurent habite à Morette avec son mari depuis un an et demi.

Catherine est née en 1964 dans la région parisienne. Toute sa famille est d’origine parisienne.

Son père était salarié dans une entreprise privée. Sa mère était à domicile. Ils habitaient alors à Issy-les-Moulineaux.

Lorsqu’elle était adolescente, elle est partie vivre dans un village à côté de Montélimar. Elle a passé un BTS d’assistante de direction et elle est devenue fonctionnaire.

Remariée à son conjoint actuel depuis 2012. ils ont eu séparément deux enfants chacun maintenant tous majeurs.

Elle a rencontré son second mari au collège où allaient leurs enfants respectifs.

Actuellement elle est bibliothécaire à Fontaine et son époux est dessinateur industriel.

Ils ont eu une caravane à la saison à Roybon. Au passage Catherine n’est pas très favorable au Center-parc en projet (abandonné depuis cet entretien) car les touristes vivent dans leur bulle en circuit fermé et n’ont pas beaucoup de contact avec les habitants et les commerçants de proximité. En plus, il y a un problème de sources et de captage des eaux.

Ils ont découvert Morette et les Chambarans en se promenant et ils ont eu un coup de cœur pour le site, à la campagne et pas trop loin de Grenoble. Lorsqu’ils se promenaient avant de vivre ici, les habitants qu’ils croisaient, adolescents inclus, leur disaient spontanément bonjour, ce qui n’est bien sûr pas le cas en ville. Ils en avaient assez d’habiter en appartement à Fontaine.

Ils ont emménagé comme locataire à Morette début 2019 dans une maison avec un petit jardin.

Ils ont été très bien reçus par le voisinage. Ils ont de bons rapports avec les Morettins, anciens ou nouveaux.

Elle n’est pas du tout gênée par le passage des tracteurs par rapport à la nuisance urbaine. Pour elle la principale gène concerne les aboiements des chiens la nuit !

Ils ne sont pas gênés par les déplacements pour aller travailler.

L’entretien des voies de communication et le déneigement lui paraît plus rapide qu’à Fontaine. Et il n’y a pas de problème de transport scolaire pour eux puisque leurs enfants sont grands.

Étant là depuis peu de temps, elle n’a pas encore d’opinion précise sur l’évolution sociale de la commune.

Elle trouve que la population est très diversifiée. La mutualisation des écoles paraît une très bonne chose.

Elle est heureusement surprise de constater qu’à la campagne, on se débrouille très bien pour vivre tout en respectant le retour à la nature.

Elle se passe désormais très bien du cinéma ou du musée. descend même à Tullins à pied… et il y a toujours des gens en voiture qui s’arrêtent pour lui proposer de l’accompagner. À Fontaine finalement on utilisait beaucoup la voiture, pour aller au supermarché ou chercher du pain, et il y a des embouteillages et des feux rouges.

Catherine a été surprise il y a peu de temps de voir passer les pompiers et le SAMU devant chez elle, alors qu’ en ville elle n’y faisait plus attention tellement c’était fréquent. Sur le moment, elle s’est renseignée et a été soulagée de savoir qu’il n’y avait rien eu de grave.

Ils ont découvert l’association des Sept Collines lors d’une journée  du pain  autour d’un four « banal » en contre bas de l’église.

Ils ont immédiatement adhéré. Ils ont envie d’aider dans la mesure du possible.

Les événements permettent les rencontres et aux gens de tout âge de se connaître. Du fait d’un handicap dû à un accident elle est plus attirée par des balades pédestres qu’à des randonnées sportives de trois heures. Elle n’a rien contre les chasseurs et aimerait bien approfondir des évènements communs entre les différentes associations locales.

La contrainte libère la créativité… si on ne peut pas avoir quelque chose on va inventer autre chose…

Son travail de bibliothécaire lui donne un peu d’expérience pour organiser certaines choses.

L’animation autour de la lecture est une chose différente et complémentaire de l’objectif d’une association comme « Lire et faire lire ».

Pour ce qui concerne le développement des médias audiovisuels, télévision et Internet, Catherine n’est pas manichéenne : comme pour l’écriture il y a du bon et du mauvais. Ça donne une ouverture au monde assez exceptionnelle quand c’est bien utilisé. Par contre les réseaux sociaux sont parfois terrifiants.

En ce qui concerne la vente en ligne, elle est une grosse consommatrice de livres sur Decitre, car depuis qu’elle vit à la campagne, c’est beaucoup plus pratique et beaucoup plus diversifié. Elle commande quelques fois sur Amazon,  le progrès technologique implique inévitablement une mutation des emplois…

Dans ces gouts de lecture c’est une amatrice de « science-fiction » depuis qu’elle a 11 ans. Elle a remarqué que dans les bibliothèques ça faisait un peu mauvais genre ! Mais on pourrait essayer de faire quelque chose sur le coin…

Catherine à de profonds doutes à propos de l’efficacité des réunions de « démocratie participative » sur des sujets précis. Comment « cinquante personnes» autoproclamé ont-ils la légitimité et les connaissances pour décider alors qu’il y a des élus municipaux qui ont été désignés pour ça par leur concitoyen.

Au niveau des services locaux, les points de dépôt des poubelles qui se sont substituées au ramassage par un camion ne la gêne pas, bien au contraire c’est pratiquement une occasion de promenade. Le recyclage à la déchetterie est une bonne initiative. L’idée de l’installation de deux ou trois éoliennes sur les collines Morettines ne lui fait pas peur. Ce sont les moulins à vent aujourd’hui…

Par contre, il ne faut pas tomber dans l’écologie extrémiste qui obligerait à laver son linge au ruisseau pour remplacer la machine à laver, sans compter que qui va se taper la lessive ? Ce serait un recul pour la condition féminine.

Au plan gestion administrative une fusion communale lui paraît souhaitable et les oppositions d’un autre temps mais il faut équilibrer les activités entre les bassins de vie.

La discussion s’est poursuivie par un long échange entre Catherine et moi en disgressions sur l’évolution de la médecine générale en milieu extra urbain, la chasse et les archers qui feront l’objet d’articles ultérieurs car un peu hors sujet dans cette entretien…