Eric Massit : Le jardin des oiseaux, d'une Ferme à un Gite Rural

Le jardin des oiseaux: D’une ferme à un gite rural…

La famille Massit est originaire de Morette et y habite depuis plusieurs générations. Sa mère issue d’une famille italienne, venait de Saint-Quentin sur Isère, sur l’autre rive de l’Isère.
Éric Massit est né en avril 1967 à Tullins, chef-lieu du canton, à la clinique privé du docteur Gondrand rachetée par l’hôpital public qui a fermé le service de chirurgie et la maternité en 1985.
Il est allé à l’école primaire à Morette où, après une chute accidentelle, il a été victime d’un traumatisme crânien et a fait un séjour d’un mois à l’hôpital de Grenoble.
Il vivait avec ses parents et ses grands-parents dans la ferme familiale qui a été détruite depuis et à l’emplacement de laquelle a été construite sa maison actuelle. La pièce de séjour servait également de cuisine avec un four à bois. Cette ferme comportait un bâtiment avec une étable et le stockage du foin et à côté un autre bâtiment assez haut avec le lieu d’habitation et des séchoirs à noix au-dessus… Éric se rappelle qu’il faisait les foins avec son grand-père et gardait les chèvres et les vaches.
il y avait également deux grosses cuves pour vinifier le raisin. Il se faisait du blanc et du rouge. Le raisin était foulé aux pieds et on utilisait un parapluie et une bougie pour détecter la présence de gaz nocif qui pouvait se trouver dans la cuve. Son grand-père était très fier de son vin, mais « il fallait s’accrocher pour le boire »
Son arrière-grand-père, Joseph, paysan Morette a fait la guerre de 14-18. le grand-père s’appelait Amédée Massit, paysan « à temps complet ». il vendait leur production sur les marchés des environs. Plus tard le père d’Éric a complété son activité agricole comme employé de la ville de Grenoble. Toute cette génération de petits exploitants, née juste avant la deuxième guerre mondiale, avec une activité mixte car l’agriculture ne suffisait plus à faire vivre.
Éric a passé un bac technique puis une formation à l’ANAP à Voiron. Il a fait ensuite un an de service militaire, puis est parti travailler pendant 10 ans à Annecy.
Revenu dans la région, il a rencontré son épouse sur leur lieu de travail commun à l’époque : un « Géant Casino ». C’était une fille de la ville… une grenobloise dont le père était cheminot. Ils se sont mariés à la mairie de Morette en 2003 et Georges Pelletier qui était le maire avait prévenu la mariée que la vie à la campagne n’était pas la vie à Grenoble, ce qui a beaucoup surpris la jeune femme !
Il a complété sa formation par une AFPA en électronique grand publique Dans un premier temps il faisait du dépannage à domicile.
Son grand-père a fini ses jours en EHPAD à Tullins. Son père est mort subitement à l’automne en 2000. Celui-ci avait beaucoup œuvré dans l’associatif, l’association des chasseurs en particulier, le conseil municipal…
Ils sont venus vivre à Morette, car sa mère avait des soucis de santé. En 2002, Éric a fait démolir les bâtiments d’origine pour construire une maison neuve.
Il a fallu auparavant vendre les animaux. Et malgré les critiques, Il a été frappé par la solidarité des agriculteurs du voisinage qui les ont beaucoup aidés à ce moment-là. Pourtant, beaucoup d’anciens du pays dont certains avaient été commis à la ferme ont mal vécu cet épisode. C’était des bâtiments en pisé, typiques de cette région du Dauphiné. Une association a même été créée par quelques habitants pour essayer d’empêcher la démolition.
La maison voisine de la ferme avait été construit par ses parents pour être autonome des grands-parents, il y a 50 ans. Éric avait eu beaucoup de mal à faire le deuil de cette maison vide lorsque ses parents n’ont pu continuer à y habiter et les photos, les papiers, les meubles sont restés en l’état. En 2015, sa mère est décédée. Éric a voulu que cette maison revive. Il envisageait une location.

Création du gite du jardin des oiseaux

Il a rencontré dans la commune voisine de « La Forteresse » des gens qui tenaient un gîte. C’est alors qu’Il a rencontré les responsables des GÎTES DE FRANCE pour élaborer un projet. Ils ont fait une étude de marché qui s’est avérée très favorable. La maison familiale a donc été rénovée et devenue, en 2016, un gite rural de trois chambres qui ne désemplie pas. La clientèle se partageant entre des saisonniers d’entreprises et des touristes français ou étrangers. L’entretien et la maintenance du gite étant assuré par Gîtes de France-Isère, Éric et son épouse continuent à travailler pour des entreprises extérieures.
Bien qu’il produise du vin de noix et du miel grâce à des ruches, la renaissance d’un bar épicerie ou d’un restaurant comme il en existait un dans le temps (Madame Debernardi qui a tenu pendant des lustres le restaurant « A la fine fourchette » en face de la mairie était la sœur de son père.) lui paraît impossible.
Le four à pain sur le chemin, à côté du gîte.
C’est un four de quartier… mais il est sur un terrain privé de la famille Massit.
La famille Massit et Les associations du village en particulier les chasseurs et le sou des écoles, se rassemblent périodiquement pour faire cuire du pain dans ce four…
Il existe cinq fours de quartier à Morette. Dans les années 80 il y avait « une fête des fours » annuelle.
En cas d’accident avec ces fours, la jurisprudence se base sur la responsabilité du propriétaire du terrain, tel qu’il apparaît sur le cadastre. Dans un autre quartier il y a même eu un procès entre deux voisins… Éric s’est donc mis avec trois ou quatre copains pour récupérer des tuiles et restaurer ce four dont le toit devenait dangereux.
L’organisation d’une réunion autour du four à pain avec l’aide de deux copains boulangers, a permis des rencontres entre voisins. Mais ça pose beaucoup de problèmes, juridiques et financiers.
L’information s’est faite par le bouche-à-oreille.

Et Après ?…
Il est plutôt favorable à une fusion communale entre Morette et Cras et peut-être Polienas. L’exemple des relations entre les écoles en démontre l’intérêt.
Éric a connu une époque où Morette était beaucoup plus dynamique que Cras qui a développé plus de constructions récentes, de lotissements, ce qui a amené une dynamique.
Il a existé à Morette un projet de salle de fête, sur un terrain racheté par la mairie, repris par un organisme, l’EPEFEG, mais elle n’a jamais été construite alors que Cras dispose d’une très belle salle.
Des nouveaux arrivants ont permis une ouverture d’esprit et d’atténuer certaines rivalités entre vieilles familles Morettines.
Éric trouve qu’il faudrait que l’environnement paysager du cœur du village soit embelli. Beaucoup de gens qui viennent passer quelques temps au gîte adorent le site mais pensent que les environs pourraient être améliorés. L’église reste un élément apprécié du patrimoine de Morette.
L’influence des médias audiovisuels, radio télé Internet ont modifié les relations sociales. Les achats Internet ont nui aux commerces de voisinage. Ça a changé et c’est inévitable.
Le sou des écoles organisait beaucoup de choses comme la brocante…. Les plus jeunes préfèrent simplement donner 50 ou 60 € plutôt que de s’investir personnellement.
Les enfants préfèrent largement utiliser les Smartphones et les tablettes plutôt que de lire du papier imprimé.
On le voit à une soirée d’anniversaire entre adolescents, ils sont capables de ne pas se parler avec les écouteurs aux oreilles !
Éric et son épouse essaye d’imposer à leurs enfants un cadre d’utilisation « raisonnable ». Ils les obligent avec difficulté à couper leurs machines pendant le repas familial.
Il est dommage que la fête du village annuelle, La fête des fours, la marche aux flambeaux, le théâtre, se soient arrêtés. Il faudrait multiplier des activités à thème plus fréquente, de musique, de lecture etc.…