Morette Ancien Restaurant Debernardi

21 mai 2020

Chantal Salomon, fille de madame Debernardi se souvient du restaurant de sa mère.

Chantal est née à Tullins et a passé son enfance à Morette. Son époux est « Furatier » (natif de Fures), retraité de chez Caterpillar.

Elle est retraitée, après 37 ans dans l’entreprise Richard Pontvert (Paraboot) Elle a quitté Morette à l’âge de 21 ans lorsqu’elle s’est mariée. Le couple est revenu à Morette en 2007 pour vivre dans la ferme d’un grand-oncle.

Sa famille du côté paternel est d’origine italienne. Sa mère, elle, était Morettine et s’est occupée pendant de  nombreuse années du restaurant DeBernardi « à la fine fourchette » en face de la mairie. Elle est décédée en 2018.

Le fonds de commerce du restaurant qui existait déjà, (il appartenait à une certaine Madame Reverdi) a été repris par Madame Debernardi en 1951 et les murs rachetés à 1984. Au menu : Gibiers, couscous, poulet aux écrevisses, chevreau aux morilles, langouste sauce armoricaine, cochonnailles, tête de veau sauce gribiche…

Son père était contremaître dans l’entreprise Balthazar. Il aidait son épouse au restaurant le week-end.

Madame Debernardi avait 19 ans lorsqu’elle a commencé, dans un ouvroir de bonne sœur… où elle faisait la cuisine.

Elle aimait beaucoup cela. Ses beaux-parents l’ont aidée à s’installer.

Chantal avait un an !

Sa mère travaillait seule, pendant les 10 premières années. À cette époque, il existait un autre café à Morette. La concurrence était donc assez rude.

La clientèle était relativement variée, des exploitants agricoles, des saisonniers d’entreprise d’artisans

Avec le temps la clientèle c’est encore diversifié. Il y avait des gens qui venaient depuis Grenoble.

Il y avait à cette époque énormément de banquets de mariage. C’était des Morettins mais aussi des alentours…

il y avait aussi des repas des associations locales, chasseurs, boulistes (lyonnaise)…

Dans les années 60, Il existait le jeu du « casse pot », sur un fil tendu entre deux arbres, des pots étaient remplis d’objets à gagner, selon l’exemple des mâts de cocagne. Sur le voisinage, il y avait un manège ambulant à travers le canton.

Après chaque réunion du conseil municipal, du temps où Monsieur Garavel, était maire, les élus allaient boire un coup ou casser la croûte au restaurant «à la fine fourchette »

Chantal est allée à l’école primaire à Morette puis à Vinay et ensuite à Tullins où elle a appris la comptabilité.

Chantal se rappelle son adolescence : autour de ses 16 ans, pendant les mariages ou les week-ends, elle aidait sa maman. Un de ses frères aidait également.

Il y avait souvent des banquets pour les mariages. Elle se souvient du père Didier, le curé qui célébrait ces mariages dont celui de Chantal et Jean-Paul. C’était un personnage, enseignant au clos des Chartreux, devenu maintenant la mairie de Tullins-Fures. Il enseignait le catéchisme dans les paroisses avoisinantes.

Les spécialités culinaires de Madame Debernardi étaient vastes : Gibiers, couscous, poulet aux écrevisses, chevreau aux morilles, langouste sauce armoricaine, cochonnailles, tête de veau sauce gribiche

Le maire Joseph Garavel a marié à Morette trois générations de filles de la famille Massit : Chantal Salomon, sa mère, sa grand-mère.

La clientèle était assez locale, les employés d’entreprises artisanales de passage pour la construction des maisons ou les travaux.

Par contre, après des obsèques, les proches n’allaient pas restaurant mais se réunissaient plutôt au domicile du défunt ou de sa famille.

Les enfants n’ont pas envisagé de reprendre le restaurant après le décès de Madame Debernardi.

Le café restaurant était fermé pendant la « fête des fours » qui tombait pendant sa période de congés-fermeture.

A l’école primaire les institutrices changeaient souvent dans les années 50 ? EN général tous les 2 ou 3 ans … il y avait deux classes pour moins de 300 habitants alors que maintenant il y en a plus qu’une pour plus de 400 habitants.

Certaines personnalités ont marqué la famille comme Auguste Berger Vachon ou Amédée et Denise Massit, les grands-parents de Chantal.

Chantal ne pense pas qu’en 2020, il y aurait encore une place à Morette pour un service de commerce ou de café restaurant… Cras est une exception où continue d’exister « le café de la bascule » qui est au bord d’une route plus passante à la sortie du village, en direction de Morette.

Les communications audiovisuelles ont également limité les relations directes.

Chantal est frappée par le phénomène au niveau des enfants que l’on voit de moins en moins se promener ou jouer dans le village. Pourtant actuellement 20 % de la population a moins de 15 ans… En été, il y  en a cependant quelques-uns qui se réunissent pour jouer au foot.

À la fin de l’entretien, Chantal me propose un café avec une part de Pogne (brioche régionale) qu’elle a confectionné elle-même : bon sang ne peut mentir !